octobre 2011 à mai 2012
Co-production :
Marseille-Provence 2013; Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille
Biographie : Ymane Fakhir
Ymane Fakhir est engagée dans une pratique de la photographie, qui croise des procédés documentaires et incursions fictionnelles. Ses oeuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions en France et à l’étranger, et notamment à l’occasion d’Africa Remix qui a voyagé de Düsseldorf, à Londres, en passant par le Centre Pompidou à Paris, et jusqu’à Tokyo et Johannesburg. Son travail s’inscrit dans un territoire extensible qui tente des passerelles entre la France et l’aire méditerranéenne, et en particulier le Maroc, son pays d’origine.
Dans ses photographies, elle explore la question du féminin, lorsque sa touche à la dichotomie entre espace public et espace privé, renvoyant ainsi aux dimensions normatives des usages sociaux dans la culture arabo-musulmane. Ainsi, Son travail photographique documente la permanence de phénomènes sociaux et anthropologiques anciens, alors même que les sociétés arabo-musulmanes tentent de négocier le virage de la modernité.
En effet, dans tous ses projets, et notamment dans les deux plus récents – Le trousseau et Le bouquet – elle s’empare d’objets liés aux quotidiens, apparemment triviaux comme par exemple le trousseau traditionnel que toute mère se doit de constituer pour sa fille : serviette, bijoux précieux et de pacotilles, objets décoratifs, chemises de nuit et pantoufles, parures de lit, et vaisselles. Tous ces objets renvoient à la maison telle qu’elle doit être tenue par toute femme de bonne famille, alors même que leur accumulation forme un univers clos que la jeune mariée sera condamnée non seulement à habiter, mais à perpétuer.
Le Bouquet (2006-2009) s’attache aux décorations florales qui ornent les belles voitures de location qui forment le cortège des mariés. Il s’agit ici d’inventer un roman familial qui place les membres de cette cellule dans un espace-temps hors classe social pour l’espace d’une journée.
Ainsi, sur un mode métonymique, chaque détail de ces deux séries révèle les contradictions profondes et les mécanismes de construction d’un espace et d’un imaginaire social, qui irriguent sa culture d’origine. Ymane Fakhir explore les signes de mutation de l’espace urbain dans cette ville tentaculaire qu’est devenue Casablanca, surnommée la New York de l’Afrique. On voit ainsi fleurir des constructions massives de lotissements bon marché à destination de nouvelles classes moyennes issues de l’économie informelle, et parallèlement des bâtiments dédiés aux acteurs de la nouvelle économie de marché marocaine.
En témoignant et en révélant les mécanismes des transformations de ce paysage urbain, elle rend compte de cette modernité contradictoire dans laquelle est engagée le Maroc et de nombreux pays de cette région du monde : la survivance d’une économie de la “débrouille“ à côté des méthodes les plus efficaces du capitalisme avancée.
Description du projet : Faites vos voeux
Lieu pressenti : L’hôpital de la conception, un lieu où se côtoient plusieurs identités et cultures, un lieu où se juxtaposent naissance, guérison, espoir, souffrance et mort.
On retrouve dans de nombreuses cultures et civilisations la coutume du vœu. Le souhait n’est généralement pas énoncé à voix haute, mais formulé mentalement pendant l’exécution d’un rituel.
Mon vécu au Maroc a été baigné par toutes sortes de vœux, que ce soit dans une forme très formatée, basée sur les signes et la superstition ou sous une forme plus libre et personnelle.
Il existe des rituels précis qui sont immuables et pour lesquels, de la précision d’exécution dépend les probabilités de réussite : il y avait une fontaine à Casablanca dans laquelle les passants pouvaient formuler un vœu et jeter une pièce dans le bassin, comme dans la célèbre fontaine de Trévi en Italie.
Un autre rituel populaire au Maroc consiste à se rendre dans un lieu saint, souvent proche de la tombe d’un saint, et à enfermer à jamais son vœu en scellant un cadenas sur les barreaux métalliques d’une fenêtre de la pièce. Partout autour de la Méditerranée, et peut-être dans le monde, les gens peuvent faire un vœu si un de leurs cils est tombé sur leur joue. N’oublions pas les vœux basés sur l’apparition d’une étoile filante, là aussi, pratique très répandue dans le monde.
N’avons-nous pas ressenti au moins une fois le désir ou besoin de faire un vœu, même pour les moins superstitieux d’entre nous ? Parfois la détresse et les aléas de l’existence nous poussent à espérer une intervention extérieure et providentielle au-delà de toute logique et probabilité. Il est par ailleurs courant de promettre (à qui, sinon à soi-même) de tenir tel engagement si le vœu venait à se réaliser.
Que désirons nous ? Que souhaitons nous voir exaucer ?
La valeur du souhait n’est évidemment pas dans le fait qu’il soit exaucé ou pas, mais dans le simple fait qu’il soit exprimé.
Durant ma résidence, je propose d’orienter une recherche préalable de 2 mois autour d’entretiens sur le thème du souhait et du vœu, à la fois comme le fruit d’un acte isolé, intime et propre à chacun, et comme l’expression de traditions culturelles collectives.
La résidence pourra ensuite s’étaler sur une durée de 8 mois, à partir du mois novembre 2010, période durant laquelle une présence régulière sur le lieu choisi me semble indispensable. Les deux premiers mois me permettront de mettre en place un travail de repérage des lieux et du personnel, en relation avec l’équipe du service culture. Ce temps de préparation sera ponctué de rencontres, de témoignages, et de prise de notes. Au fil des entretiens, une collection de vœux, se mettra en place.
Mon travail ne cherchera pas à illustrer les récits des gens rencontrés, mais portera sur un détail, une anecdote qui servira de tremplin à mon inspiration.
Le co-producteur : Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille
L’hôpital de la conception fait partie de l’AP-HM, établissement public de santé, regroupant 4 hôpitaux et près de 3 500 lits et places. L’AP-HM est le 1er centre hospitalier de la région PACA. Soins, enseignement, recherche, telles sont les trois missions que l’Assistance – Publique – Hôpitaux de Marseille réalise quotidiennement. C’est aussi un pôle privilégié de la médecine d’excellence.












